Il faut savoir : le conseil interministériel pour l'Outre mer

 

Politique 18/02/2009 - 13:39

Outre-mer: Création du Conseil interministériel

Le Premier ministre François Fillon a présenté mercredi en Conseil des ministres un décret créant un conseil interministériel de l'Outre-mer, comme une réponse du gouvernement aux mouvements sociaux qui s'y déroulent. La création de cette nouvelle instance, promesse électorale du président Nicolas Sarkozy, avait été annoncée vendredi alors que la Guadeloupe est en proie à des tensions qui affectent également la Martinique, la Guyane et la Réunion. Ce conseil interministériel placé sous l'autorité du chef de l'Etat sera une instance de coordination renforcée et d'arbitrage sur les grandes questions concernant l'Outre-mer, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. Il aura pour rôle principal de définir des orientations stratégiques et de s'assurer de leur mise en oeuvre, notamment en matière de développement économique, social, culturel et environnemental des départements d'Outre-mer, précise un communiqué du gouvernement. Selon Luc Chatel, il pourrait se réunir "dans les prochains jours".

 

Comité interministériel de l’outre-mer : le décret publié au Journal officiel

Conformément à l’annonce faite, le 13 février, par le chef de l’Etat, un Comité interministériel de l’outre-mer

a été créé par un décret publié le 19 février au Journal officiel.

 

Le Comité interministériel de l’outre-mer sera présidé par le président de la République ou, par délégation, par le Premier ministre.

Il réunira les ministres en charge de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales, de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement, du Développement durable, des Transports, de l’Economie, de l’Industrie, du Tourisme, du Commerce, de l’Artisanat, de l’Emploi, des Affaires sociales, de la Solidarité, de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, du Logement, de la Ville, de l’Agriculture et de la Pêche, des Affaires européennes, de la Défense, de la Santé, de la Jeunesse, des Sports, du Budget, de la Fonction publique, de la Culture et de la Justice.

Le chef de l’Etat peut autoriser d’autres membres du Gouvernement à y participer, mais aussi le délégué interministériel à l’égalité des chances des Français de l’outre-mer, le délégué général à l’outre-mer, ou toute personne qualifiée.

Ce comité interministériel sera chargé, selon les termes du décret :

  de définir les orientations politiques de nature à répondre aux besoins et à valoriser les atouts de l’outre-mer, notamment en matière de développement économique, social, culturel et environnemental ;

  d’identifier, au vu des spécificités des collectivités d’outre-mer, les adaptations nécessaires aux politiques publiques conduites par le Gouvernement et d’orienter leur mise en œuvre ;

  d’évaluer périodiquement les résultats des politiques conduites par l’Etat outre-mer et les progrès en terme d’égalité des chances pour les populations d’outre-mer.


         -----------------------------------------------------

 Déclaration de M. le Président de la République à l'issue du Conseil des ministres du 13 février 2009                     

 

            La  crise sociale en Guadeloupe et en Martinique révèle un malaise que nous avons pris très au sérieux dès les premiers jours. La question du pouvoir d’achat  aux Antilles est au cœur des difficultés de nos compatriotes qui, eux aussi, subissent, de plein fouet, les conséquences de la crise financière.

    Dès le début du conflit, j’ai demandé au Premier Ministre, François FILLON et au secrétaire d’Etat en charge de l’Outre-mer, Yves JEGO, d’être très à l’écoute des revendications exprimées par le collectif d’associations et de syndicats. Le déplacement d’Yves JEGO -- que je remercie de ce qu’il a fait -- a permis d’élaborer une plateforme de mesures qui pourront être mises en œuvre immédiatement dès la fin du conflit. Je demande à chaque ministre de participer pleinement à cet effort.

    Je crois, aujourd’hui, que nul ne peut contester l’effort de l’Etat et les mesures prises pour garantir une plus grande transparence des prix et une amélioration du pouvoir d’achat en outre-mer.

    Le développement que j’appelle de mes vœux doit s’accompagner d’une meilleure répartition des richesses. Il ne peut y avoir une société à deux vitesses où une catégorie sociale progresse alors qu’une autre stagnerait et resterait dépendante des prestations sociales. La question de la meilleure répartition des richesses concerne la France entière et sera abordée, à Paris, avec les partenaires sociaux, le 18 février prochain. Elle revêt une importance toute particulière en Outre-mer.

    L’économie de ces territoires a besoin d’évoluer et de s’ouvrir davantage à la concurrence. Je souhaite un vrai changement sur ce sujet. Nous sommes arrivés à améliorer les conditions de la concurrence sur les lignes aériennes ; nous devons avoir le même rôle moteur pour les autres secteurs de l’économie, même si tout ne dépend pas de l’Etat. Je souhaite que vous vous mobilisiez fortement sur ce sujet.

    Nous devons cependant, face à la crise, rester lucides et conserver le sens de l’intérêt général à long terme pour les populations d’Outre-mer. Méfions-nous des fausses « bonnes idées » de court terme pour sortir du conflit qui, en réalité, ne feront que compromettre l’avenir de ces territoires. Mon ambition pour l’Outre-mer a toujours été d’assurer un développement endogène, créateur de richesse pour tous. C’est la seule façon de générer des emplois durables et de faire diminuer le chômage. Je pense à toute cette jeunesse de l’Outre-mer qui doute, qui a peur pour son avenir. Nous avons le devoir de lui redonner espoir et de lui donner la possibilité de vivre dignement du fruit de son travail.

    Ce conflit montre à quel point la société antillaise a besoin de se rénover mais aussi de se retrouver et de renforcer sa cohésion sociale. Plus que jamais, l’Etat doit être juste ; il n’est au service d’aucun groupe, d’aucune catégorie sociale. Il est le garant de la cohésion nationale et de l’intérêt général. La Guadeloupe et la Martinique font partie de la France et il ne saurait y avoir, pour ces territoires, de différences dans les valeurs d’équité et d’égalité que porte la République.

    Au-delà de la question du pouvoir d’achat, je pense que nos compatriotes expriment aussi un problème plus profond de société. La société antillaise, riche de ses différences, a toujours eu besoin de se construire autour de son identité propre. Elle a le sentiment, aujourd’hui, qu’elle n’est pas entendue. Nous devons continuer à nous battre, tous les jours, pour que la République fasse une plus grande place à tous ceux qui incarnent la diversité de la France. 

    Monsieur le Premier ministre, Messieurs les Ministres, cette crise sociale aux Antilles doit nous interpeller collectivement. Elle doit vous rappeler que l’avenir de nos collectivités ultramarines n’est pas l’affaire du seul ministre en charge de l’Outre-mer. Chaque membre du gouvernement doit se sentir concerné et doit s’y impliquer personnellement. C’est pour cette raison que je souhaite que l’on mette en place, comme je m’y étais engagé pendant la campagne présidentielle, un « Conseil interministériel de l’Outre-mer », sans délai. Ce conseil se réunira, dans les prochains mois, pour faire des propositions sur la rénovation de la politique menée par l’Etat en Outre-mer.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site