discours du 290809

 

Discours de Claude Lise, Secrétaire Général du R.D.M.

Journée d’Information des Militants et Amis du R.D.M.

Anses d’Arlet - Samedi 29 août 2009

 

 

Chers Camarades, Chers Amis,

 

Je veux vous souhaiter la plus cordiale bienvenue, vous adresser en mon nom et aussi au nom de tous les membres du Bureau exécutif, de tous les membres du Conseil politique du R.D.M., un salut très cordial et très fraternel.

 

Je m’adresse aussi, bien sûr, aux militants et aux sympathisants, parce qu’ils sont nombreux dans cette salle, et également à de nombreux amis du R.D.M. qui ont répondu à notre invitation ce matin.

 

Je suis évidemment particulièrement heureux de vous voir si nombreux, un samedi matin, pour participer à cette réunion, une réunion qui a été conçue, comme le disait à l’instant, Monsieur le Maire, mon ami Eugène Larcher, comme un grand moment d’échange, un moment de partage d’information mais, en même temps, un moment de convivialité. Car ce qui fait la force d’un parti politique, ce n’est pas seulement la pertinence des idées et des positions politiques qu’il défend, c’est aussi la qualité et la force des liens qui, peu à peu, se tissent entre ses membres.

 

Je crois que c’est une chose très importante qu’il nous faut bien intégrer au R.D.M.

 

Merci, Chers Camarades, de montrer, par votre présence, que vous avez bien compris cela ; bien compris le sens de ce que nous voulons faire. Merci de montrer, du même coup, que vous souhaitez précisément que le R.D.M. soit un parti fort. Je pense que c’est ce que vous voulez ?  (Applaudissements)

 

Je pense que nous avons raison de vouloir un parti fort parce que c’est ce que nos compatriotes souhaitent. Je reçois, en effet, tous les jours des messages et des témoignages de Martiniquaises et de Martiniquais, de personnalités et de nombreux citoyens qui considèrent que nous avons eu raison de créer ce parti, que nous avons raison de continuer le combat que nous menons et j’imagine que vous recevez, vous aussi, de tels témoignages.

 

Alors, cela dit, et avant de poursuivre, je veux remercier notre camarade Eugène Larcher d’avoir mis ce lieu à notre disposition, ce lieu tout à fait adapté à ce type de réunion. Nous avons souhaité marier réunion d’étude, réunion de réflexion et réunion conviviale. Je crois qu’il faut encore applaudir Eugène Larcher. (Applaudissements)

 

Il le mérite parce que ce n’est pas la première fois qu’il reçoit des manifestations importantes du R.D.M. dans sa commune ; et puis, il ne m’en voudra pas de profiter de l’occasion pour le remercier de tout ce qu’il fait, non seulement dans le cadre de ses fonctions au Conseil général, mais de tout ce qu’il fait en termes de promotion de son parti, de notre parti, le R.D.M. C’est vraiment un engagement clair et résolu dans le combat de ce parti, et je le remercie en particulier d’avoir présidé ce qu’on appelle la Commission ad hoc, la Commission de suivi des questions que nous avons examinées lors des deux Congrès de décembre 2008 et de juin dernier.

 

Mes Chers Camarades, je veux vous rappeler que le R.D.M. n’a que trois ans d’existence, puisqu’il a pris naissance les 13 et 14 mai 2006 à Ducos. Trois ans seulement et, pourtant, quel travail politique accompli sur l’ensemble du territoire de la Martinique. Que de combats menés, que de victoires engrangées !

 

Je ne sais pas si vous vous en rendez bien compte, mais, à peine constitué, le R.D.M. a dû participer à toute une série d’élections :

 

élection présidentielle en mai 2007 : vous savez le rôle déterminant que nous avons joué dans la campagne de la candidate socialiste que nous soutenions, Ségolène Royal. Le R.D.M. a été le pivot de cette campagne ;

 

nous avons dû, en juin 2007, mener campagne pour les législatives. Il y a eu le très beau combat mené sur le Nord-Caraïbe par notre candidat, Claude Cayol, mais également le combat mené sur le Nord-Atlantique, où nous avons fortement contribué à la réélection de l’actuel député, notre ami Louis-Joseph Manscour. Ce n’est pas son suppléant Athanase Jeanne-Rose, membre de notre parti, qui dira le contraire. Parce que le fait pour lui d’avoir eu le camarade Jeanne-Rose comme suppléant, avec ce que cela a pu lui apporter comme voix à St Joseph, a été déterminant pour son élection.

Ensuite, il y a eu les élections municipales et cantonales de Mars 2008 ; je ne m’étendrai pas là-dessus. C’est vrai que nous avons perdu le Carbet et Bellefontaine dans des conditions à propos desquelles il y aurait beaucoup à dire. Et s’agissant notamment du Carbet, je tiens à dire publiquement à notre camarade Alexandre Mouriesse que le travail qu’il a accompli au service de cette commune est remarquable ; c’est de justesse qu’il n’a pas été réélu. Il n’a donc vraiment pas démérité.

 

Nous avons, cela dit, maintenu nos positions dans beaucoup de municipalités. Il y a eu également des victoires de nos camarades dans beaucoup de cantons et nous avons contribué, là aussi, à la victoire de certains alliés voire de certains sympathisants :

 

victoire de Gilbert Eustache, ici présent, que nous saluons (Applaudissements), alors apparenté à notre parti et désormais membre du R.D.M. ;

 

victoire de notre ami Nestor Azerot dans la grande commune de Ste Marie ;

 

et puis, comme vous le savez, malgré les assauts terribles menés par le P.P.M. new look contre moi dans le 10ème canton de Fort-de-France – qui, comme vous le savez, a particulièrement bien résisté -, nous avons bel et bien conservé ce canton ; mais, de plus, et malgré, là encore, le combat invraisemblable mené par ce même P.P.M. new look, nous avons gagné, aussi brillamment que d’habitude, la bataille de la présidence du Conseil général ;

 

 nous avons un R.D.M. comme premier Vice Président, ce n’est pas rien, et c’est le camarade Belfort Birota, (Applaudissements) ;

 

nous avons élargi notre majorité au Conseil général. Nous avons même établi une sorte de pacte de gestion qui va du Palima à certaines frontières de la Droite car on peut considérer que Jenny Dulys participe véritablement aujourd’hui à notre majorité [je crois qu’il faut l’applaudir (Applaudissements)] ; et il faut, par ailleurs, souligner qu’il y a deux ou trois élus de droite qui sont officiellement considérés comme faisant partie de la majorité du Conseil général, puisqu’ils votent le budget et soutiennent les politiques mises en œuvre.

 

En réalité, en dehors de quelques élus de droite, il n’y a que le groupe P.P.M. - et singulièrement, au sein de ce groupe, un quarteron d’élus, comme dirait De Gaulle - qui constitue l’opposition au Conseil général.

 

En résumé, loin d’avoir reculé, nous avons élargi la majorité au Conseil général.

 

Et puis, Mes Chers Camarades, il faut quand même rappeler que, depuis, nous avons gagné la présidence du Syndicat des communes du Nord-Atlantique, avec notre camarade Joachim Bouquety, Maire de Grand Rivière, qu’il faut applaudir. (Applaudissements)

 

Nous avons également remporté la présidence de l’Espace Sud, avec notre ami Eugène Larcher (Applaudissements) ;

 

Nous avons remporté la présidence de la C.C.N.M., avec notre ami Ange Lavenaire, maire et conseiller général du Marigot (Applaudissements) ;

 

Nous avons remporté la présidence du S.I.C.S.M., avec notre ami Gilbert Eustache, maire et conseiller général du Diamant (Applaudissements) ;

 

Nous avons remporté la présidence du S.M.E.M., avec notre ami Victorin Drame (Applaudissements) ;

 

Nous avons remporté la présidence du C.N.F.P.T., avec notre ami Belfort Birota (Applaudissements) ;

 

Et nous assumons, par ailleurs, la présidence du Conseil d’administration du S.D.I.S., avec notre ami Alfred Monthieux (Applaudissements).

 

Franchement, pour un jeune parti, je crois que cela mérite d’être salué !

 

Nous avons également participé aux élections européennes avec Madeleine De Grandmaison. Grâce au travail de Madeleine, grâce à l’importante action qu’elle a menée durant sa trop courte mandature de députée européenne, grâce à la mobilisation du parti et à celle de nos alliés de l’Alliance des Outre-Mers, nous sommes parvenus à la placer en tête des Européennes en Martinique. Partout, et même à Fort-de-France où le P.P.M. cherchait à la mettre en difficulté - parce que le P.P.M. n’a pas soutenu cette candidate martiniquaise qui a accompli un travail considérable au Parlement européen -, elle est arrivée en tête. Et c’est cela qu’il faut retenir.

 

Je ne sais pas si vous vous en rendez compte : ils ont préféré soutenir quelqu’un d’autre alors que Madeleine a été un des piliers du P.P.M. quand le P.P.M. était le P.P.M. Et, malgré cela, je le répète, dans presque tous les bureaux de vote de Fort-de-France, Madeleine a été en tête. (Applaudissements)

 

Cela aussi il fallait que je le rappelle : il n’y a pas, à ma connaissance, de jeune parti politique qui, en trois ans, ait obtenu de tels résultats. Et, de mémoire de militant, sur les 40 dernières années, j’ai vu naître des partis politiques en Martinique. En général, ils sont restés circonscrits à une commune. Quelques fois, ils ont un peu débordé sur une ou deux autres communes, mais je ne connais pas de jeune parti qui, en trois ans, ait mené de telles batailles sur toute la Martiniquais et ainsi disposé d’élus sur toute la Martinique. Je n’en connais pas. Donc bravo à notre jeune parti, le R.D.M. (Applaudissements)

 

Je veux, au-delà, insister sur le fait qu’en dehors du dynamisme dont nous avons su faire preuve, nous avons su acquérir un véritable crédit, un crédit considérable dans l’opinion martiniquaise. Et cela n’est pas sans conséquences sur les rapports que nous parvenons à entretenir avec toute une série d’organisations et de partis politiques.

 

Nous sommes incontestablement reconnus pour le sérieux de nos responsables et de nos différents élus dans leur gestion. Nous sommes reconnus pour la sincérité de notre attachement aux valeurs d’humanisme et aux valeurs du socialisme démocratique auxquelles nous nous référons. Nous sommes également reconnus pour l’importance que nous accordons au « D » qu’il y a dans notre sigle. Nous sommes reconnus pour ne pas faire du mot Démocratie un simple enjeu de discours mais pour nous inscrire dans l’exigence d’une pratique de la démocratie au quotidien.

 

[Je m’interromps juste pour saluer l’arrivée de Christiane Bauras (Applaudissements) qui nous fait le plaisir d’être des nôtres. Elle n’est pas du R.D.M. Elle n’est pas apparentée, ou pas encore, mais elle est très proche et elle est de tous nos combats (Applaudissements)]

 

Je disais que nous sommes reconnus pour notre sérieux, pour notre attachement à un certain nombre de valeurs, notamment aux valeurs démocratiques, mais nous sommes également reconnus en Martinique pour notre volonté d’être un parti de rassemblement (et Eugène a eu raison d’insister tout à l’heure sur le fait que la conque de lambis est le symbole de l’appel au rassemblement). Nous sommes, en effet, reconnus non seulement pour notre volonté mais pour notre capacité à rassembler. Car j’en connais qui ont affiché une volonté de rassembler, j’en connais qui ont essayé de rassembler derrière eux, mais qui se sont retrouvés tout seuls ; qui se sont rendu compte, en se retournant, qu’il n’y avait personne derrière eux.

 

Nous, nous ne demandons pas à nos partenaires de se ranger derrière nous. Nous impulsons une vraie dynamique de rassemblement pour la Martinique, le plus large rassemblement possible, et je répète souvent le terme : nous voulons être un ferment de rassemblement.

 

Et pourquoi voulons-nous être un ferment de rassemblement ? Tout simplement pour promouvoir le respect des convictions et des sensibilités des uns et des autres dans l’intérêt supérieur de la Martinique. C’est cela l’élément fondamental. C’est cela l’orientation, on peut dire, cardinale que nous avons décidé de prendre. Et cette capacité à rassembler, nous venons d’en donner une preuve remarquable dans le cadre de la constitution du « Rassemblement Martiniquais pour le Changement ».

 

C’est, en effet, le R.D.M., notre parti, qui a eu l’idée de ce rassemblement. Nous avons d’ailleurs tenu une première réunion, avec certains partenaires, pour préparer ce rassemblement avant de nous adresser à d’autres partenaires encore ; avant de parvenir à réunir autour d’une même table des organisations qui avaient perdu l’habitude de se parler, ou, pire, qui en étaient encore à gérer les séquelles de luttes fratricides.

 

Je vous assure, Chers Camarades, que ce n’était pas évident de réunir autour d’une même table Pierre Samot et Georges Erichot. Nous l’avons fait ! (Applaudissements)

 

Ce n’était pas évident de réunir autour d’une même table Robert Saé et Francis Carole. Nous l’avons fait (Applaudissements) ! Ce n’était pas évident – et cela aurait même été impensable il y a quelques années ou quelques mois – de réunir autour d’une même table le M.I.M., le P.C.M., Bâtir le Pays Martinique, le MODEMAS, le PALIMA, le C.N.C.P., Vivre à Schoelcher, le Mouvement Populaire Pilotin.

 

Nous sommes parvenus à réunir, en plus de ces organisations politiques, des personnalités comme Christiane Bauras, Nestor Azerot, Gilbert Eustache, mais également Claudine Jean-Théodore, une femme qui se revendique d’une sensibilité de Droite et qui nous a dit en substance : « Dans l’intérêt de la Martinique, je pense qu’il faut une évolution institutionnelle, et je vous rejoins sans complexe … ». (Applaudissements)

 

Elle est présente dans le Rassemblement Martiniquais pour le Changement et elle est signataire de la déclaration adoptée par ce rassemblement. Nous avons également eu l’accord de Jenny Dulys et de Pierre Petit de Osons Oser qui ne pouvaient être là physiquement mais qui nous ont donné l’assurance de nous soutenir. Je crois que tout cela est significatif de quelque chose.

 

Vous savez, j’ai été l’adversaire de Pierre Petit à deux reprises. Je l’ai battu une fois et il m’a battu une fois. Nous avons mené des batailles extrêmement dures. J’ai le souvenir des batailles que j’ai menées sur la côte caraïbe. Ce n’était pas évident de tenir des réunions au Morne Rouge ; Eh bien, aujourd’hui, Jenny Dulys a fait de moi un citoyen d’honneur du Morne Rouge. Ce n’est pas rien. (Applaudissements)

 

Et Pierre Petit est venu à mon bureau, à sa demande, me dire qu’il apportait son soutien à notre démarche (Applaudissements). Donc vous voyez, le mot « Rassemblement » est, pour nous, plus qu’un mot. C’est une réalité que nous faisons vivre. [Et je vois arriver notre ami Jojo Bouquety que j’ai déjà fait applaudir. Il a fait exprès d’arriver en retard pour qu’on puisse l’applaudir une deuxième fois. (Applaudissements)]

 

Dans ce rassemblement que j’évoque, je dois souligner que figure aussi un regroupement de citoyens qui s’appelle Objectif 74. Ils étaient, en effet, 74 signataires, au départ, en faveur d’une évolution institutionnelle dans le cadre de l’article 74. Mais ils sont désormais beaucoup plus nombreux encore et ils sont donc partie prenante du Rassemblement Martiniquais pour le Changement.

 

Ce Rassemblement a officiellement pris naissance le 29 juillet 2009. La déclaration qu’il a adoptée fera l’objet du premier point de l’ordre du jour de notre réunion.

 

Ce sera pour moi le point le plus important des trois que nous avons prévus, puisqu’il concerne une question fondamentale pour notre avenir ; une question qui, comme vous le savez, occupe de plus en plus le devant de la scène : je veux parler, bien sûr, de la question de l’évolution institutionnelle de la Martinique.

 

Sur cette question, comme vous avez pu le constater, la direction du parti a pris ses responsabilités, toutes ses responsabilités.

 

Je le répète, le contenu de nos statuts, les principes fondamentaux qui y sont inscrits, confirment bien que la position arrêtée par notre direction, dans le cadre de l’actuel débat sur l’évolution institutionnelle, est tout à fait conforme aux orientations fondamentales du R.D.M.

 

Notre direction s’est d’autant plus engagée dans le combat pour une avancée significative sur la voie d’une véritable responsabilité martiniquaise qu’une telle avancée constitue, à l’évidence, la condition première de tout véritable changement. Ce changement tant réclamé en Martinique, ce changement qu’on a entendu revendiquer par le mouvement de février (même si, disons-le, certains leaders du mouvement ont cherché à cantonner la demande de changement exprimée dans des revendications, certes importantes, d’augmentation de salaire et de pouvoir d’achat. Mais il faut souligner que ce sont des revendications que l’on ne peut chercher à satisfaire durablement et valablement sans un changement global et à long terme de la situation). Ce changement, auquel aspirent de plus en plus de Martiniquais, apparaît, en tout cas, selon nous, indispensable devant la dégradation de la situation économique et sociale de notre Martinique.

 

Et les menaces graves que fait peser la dégradation de cette situation sur la cohésion de notre société engagent l’avenir même du peuple martiniquais (Applaudissements).

 

 

Je ne vais pas m’étendre sur la gravité de la situation économique et sociale dont je sais que vous la percevez toutes et tous dans votre vie professionnelle, dans votre vie familiale, dans la vie de tous les jours, mais je veux quand même juste vous en rappeler quelques éléments essentiels :

 

Depuis février, le chômage a augmenté de pratiquement 10% par rapport à son niveau d’avant février. Il y avait déjà une tendance à l’augmentation du chômage, et puis – de même qu’un symptôme peut à son tour s’avérer être un facteur aggravant de certains maux – la crise de février, symptomatique d’une situation économique et sociale préoccupante, a eu pour effet d’en aggraver certains facteurs. Il apparaît, en tout état de cause, d’après les éléments fournis par le pôle emploi et ceux communiqués par la Préfecture, que le chômage risque d’atteindre, en fin d’année, un taux d’environ 38 %, alors qu’on était à 22,5 % en début d’année. La situation est donc extrêmement préoccupante ;

 

Du 1er janvier au 23 juin, c'est-à-dire une période d’environ 6 mois, 65 entreprises martiniquaises ont été mises en redressement judiciaire, 58 ont été mises en liquidation. Cela veut dire qu’au moment où nous parlons, 123 entreprises ont été mises en situation de licencier leur personnel et c’est 1306 salariés qui, à la mi-juin (les choses ont augmenté depuis), ont été concernés par des licenciements. Et c’est le secteur B.T.P. qui est le plus touché ;

 

A cela, il faut ajouter la situation des collectivités territoriales. Pratiquement toutes nos collectivités sont en difficulté (même la Région commence à connaître des difficultés alors qu’on disait qu’elle possédait « un matelas »). Le Conseil général, qui est le principal donneur d’ordre depuis toujours en matière de commande publique ; le Conseil général qui, toutes ces dernières années, était 3ème sur l’ensemble de la France et les outre-mers (dans la strate des départements de 400 000 habitants) en matière d’investissement et d’équipements avec tout ce que cela entraine comme activité pour le B.T.P. ; le Conseil général a donc dû réduire son budget de 5 % et son investissement de 30 %. Mais il n’est pas le seul : c’est le lot de la moyenne des Conseils généraux de l’Hexagone.

 

L’Etat continue à transférer aux collectivités, et notamment aux départements, des charges indues et mal compensées. L’Etat continue à devoir aux collectivités, et singulièrement aux conseils généraux des D.O.M., des sommes considérables. C’est plus de 70 millions qu’il doit au Conseil général de la Martinique.

 

Face à cette situation, l’Etat parle d’un plan de relance. Un plan de relance totalement dérisoire. Dans le cadre de ce plan, il demande de déposer des dossiers qui concernent des opérations pouvant être mises en œuvre immédiatement. Lorsqu’au nom du Conseil général, je dépose pour 72 millions d’euros d’opérations, l’Etat ne répond que pour 2,5 millions. Voila ce qu’il appelle un plan de relance. C’est, vous le voyez, absolument dérisoire. (Applaudissements)

 

Nous traversons donc une situation grave et, dans un tel contexte, la demande sociale ne cesse d’augmenter. Au nombre de personnes déjà en difficultés s’ajoutent de nouveaux chômeurs, des Rmistes supplémentaires,… Aujourd’hui, c’est plus de 20%, je dis bien plus de 20% de Martiniquaises et de Martiniquais qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ; autrement dit 20% de nos compatriotes vivant avec moins de 616 euros par mois. Je souligne tout de même, au passage, que nous étions à 16 % il y a 7 à 8 ans. La différence est tout de même importante.

 

Et bien, Mes Chers Amis, j’ai tenu à vous rappeler cela, parce que face à une telle situation, il y a deux possibilités qui s’offrent à nous :

 

soit nous choisissons de nous en remettre au bon vouloir de ceux qui nous gouvernent, quand ils ont le temps de s’occuper de nos problèmes et de nos réalités spécifiques ; et, dans ce cas, nous allons compter, une fois de plus, sur les effets supposés d’un énième plan de développement ou d’une énième loi de programmation ;

 

soit nous décidons d’ouvrir la voie précisément à un vrai changement dans nos rapports avec l’Etat. De telle sorte que nous puissions mieux prendre en compte les réalités de notre pays et mieux répondre aux besoins que nous percevons, aux besoins qui sont exprimés par les Martiniquaises et les Martiniquais. Dans ce cas, il faut se mobiliser pour que les propositions adoptées en congrès les 18 décembre 2008 et 18 juin 2009 aboutissent.

 

Le président de la République a trouvé ces propositions recevables, il a même dit qu’il était prêt à organiser une consultation, le moment venu. J’y reviendrai tout à l’heure.

 

Il a clairement confirmé ce que les élus martiniquais responsables, de droite comme de gauche (je dis bien les élus responsables), n’ont cessé d’affirmer : à savoir que l’évolution institutionnelle que nous préconisons (qui doit nous faire passer du régime juridique où c’est le droit commun qui prime systématiquement - le régime de l’identité législative - à un autre régime juridique où c’est, au contraire, la prise en compte des réalités locales qui prime) ne nous fait pas sortir du cadre de la République française. Il suffit, pour s’en convaincre, de se référer aux textes. Je n’ai pas manqué de le faire, pour ma part, au cours d’un certain nombre de réunions que nous avons déjà tenues dans différentes communes. 

 

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